Tout savoir sur l’effet yoyo des régimes

Connaissez-vous l’effet yoyo ? Ce terme désigne le phénomène de reprise de poids qui suit la plupart des régimes amaigrissants. Mais savez-vous comment se produit ce phénomène de l’effet yoyo ? Pourquoi avons-nous jusqu’à 95% de chances de rependre le poids perdu ? Est-ce que nous manquons vraiment de volonté pour maintenir les règles imposées par les régimes ? Découvrez tout ce qu’il faut savoir sur l’effet yoyo. 

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Comment se produit l’effet yoyo ?

L’homéostasie ou équilibre du corps

Pour bien comprendre comment se produit l’effet yoyo, il faut tout d’abord comprendre que, malgré les régimes que nous lui imposons, notre corps a pour seul et unique objectif de rester en vie. Merveille de la nature extrêmement bien conçu, notre corps fait ainsi en permanence tout son possible pour maintenir en équilibre les différents systèmes de notre corps. C’est ce que l’on appelle l’homéostasie.

D’après le Larousse, l’homéostasie est un « Processus de régulation par lequel l’organisme maintient les différentes constantes du milieu intérieur (ensemble des liquides de l’organisme) entre les limites des valeurs normales ». Et parmi les différentes constantes que l’organisme régule en permanence se trouve l’équilibre énergétique, c’est-à-dire le nombre de calories absorbées et le nombre de calories dépensées.

L’adaptation métabolique ou thermogenèse adaptative

Ainsi, notre corps est naturellement programmé pour lutter contre les régimes qui sont pour lui contre-nature. Notre corps perçoit les régimes que nous lui imposons comme une menace pour sa survie et réagit en conséquence. Cela signifie qu’il fait tout son possible pour lutter contre la perte de poids et revenir au plus vite à son poids initial. C’est ce que l’on appelle l’adaptation métabolique ou thermogenèse adaptative, qui se traduit concrètement par le phénomène de l’effet yoyo.

Ce processus de régulation du poids est un processus évolutif, qui s’est formé dans le passé lorsque les conditions de vie étaient bien plus dures. Et c’est ce processus qui a permis aux hommes de survivre lorsque la nourriture était rare. C’est pourquoi notre corps sait parfaitement s’adapter aux périodes de famine, comme lorsque vous lui imposez un régime restrictif. Ce mécanisme permet au corps de rester en vie mais il est également la cause du phénomène de l’effet yoyo.

Baisse du métabolisme

Le mode “économie d’énergie”

Lorsque notre corps s’aperçoit qu’il reçoit moins de carburant que ce qu’il devrait avoir pour bien fonctionner, il passe en mode « économie d’énergie ». Cela veut dire qu’il s’adapte aux faibles quantités d’énergie apportées en réduisant son métabolisme, c’est-à-dire qu’il brûle moins de calories qu’avant.

Souvenez-vous que votre corps souhaite avant tout rester en vie. Donc s’il dépense moins d’énergie chaque jour il augmente ses chances de survie. Le peu de calories brûlées le sont pour assurer ses fonctions vitales. C’est ce que l’on appelle le métabolisme de base. En ne dépensant que le strict minimum pour assurer son métabolisme de base, votre corps vous aide donc à survivre avec moins de calories.

De nombreuses études ont été menées pour évaluer l’impact de la restriction calorique sur la diminution du métabolisme. Il apparaît que la baisse débute après seulement 2 à 3 jours de régime. Ces études montrent également que le métabolisme peut diminuer de 15 à 35% selon les individus.

Bien sûr, lorsque le métabolisme ralentit, les dépenses d’énergie sont diminuées, ce qui engendre un ralentissement de la perte de poids. C’est ainsi que l’on remarque généralement qu’on perd rapidement du poids au début du régime puis la perte de poids ralentit, jusqu’à s’arrêter complètement dans certains cas.

Diminution de la dépense énergétique

La perte de poids a aussi un impact sur l’affaiblissement du métabolisme. En effet, plus notre poids est important, plus on dépense de calories au repos. Et inversement ! Si nous perdons du poids, alors le corps a besoin de moins de calories pour fonctionner et diminue sa dépense énergétique, donc son métabolisme. Cela signifie que vous brûlez moins de calories qu’avant parce que vous avez perdu du poids.

De ce fait, vous êtes obligée de manger moins pour continuer à maigrir car vous devez réadapter vos apports caloriques en fonction de la baisse de votre métabolisme. C’est ainsi que certaines personnes se retrouvent, après des années de régimes restrictifs, à ne quasiment plus rien manger afin de conserver difficilement le poids perdu.

Bien sûr, plus on perd de poids, plus le métabolisme ralentit, comme le montre cette revue de littérature effectuée par MEDLINE sur un total de 90 publications scientifiques.

Bouleversement hormonal

Lorsque le corps subit une importante restriction calorique, il se sent en danger et change alors son mode de fonctionnement pour préserver sa survie. Dans cette situation, deux systèmes entrent en jeu pour réguler la balance énergétique : le système nerveux et le système endocrinien. Ce sont les deux systèmes capables de détecter et de corriger les anomalies nécessaires à la régulation corporelle.

Au niveau du système nerveux cela se joue au niveau de l’hypothalamus, une petite région du cerveau qui a pour rôle de « compter les calories ». Lorsqu’on mange moins de calories que nos besoins, l’hypothalamus s’en aperçoit et alerte le corps que la famine le menace. Puis le système endocrinien, à son tour, va libérer des hormones diminuant les dépenses d’énergie.

Un régime restrictif peut ainsi déclencher un véritable bouleversement hormonal et provoquer un phénomène d’adaptation métabolique à la baisse qui sera défavorable à l’amincissement. Ce déséquilibre rend la perte de poids bien plus difficile et favorise la reprise des kilos perdus, donc l’effet yoyo.

Chute de la leptine

Une forte restriction calorique engendre une chute de la leptine, ce qui est également préjudiciable au bon fonctionnement du métabolisme. Le terme leptine provient de « leptos », mot grec qui signifie « mince ». Et ce n’est pas hasard car la leptine est l’hormone qui aide à perdre du gras.

La leptine régule la capacité à brûler les graisses. C’est elle qui informe le cerveau que nous disposons d’un stock suffisant de gras, et que l’excès de gras peut être déstocké sans menacer le corps. Les adipocytes l’utilisent pour prévenir le cerveau que suffisamment de graisses ont été stockées. Ainsi, lorsqu’on sécrète suffisamment de leptine, on perd facilement du poids.

La leptine est fabriquée par le tissu adipeux, c’est-à-dire la graisse. Sa concentration plasmatique est proportionnelle à la masse adipeuse. De ce fait, plus la masse grasse est importante, plus la production de leptine par le corps est importante.

Le problème c’est que lorsqu’on suit un régime faible en calories, le taux de leptine chute drastiquement, bloquant ainsi le processus de perte de poids. La leptine informe le cerveau que le corps est menacé par une « famine » et qu’il faut stopper le processus de déstockage du gras pour survivre le plus longtemps possible.

Diminution de la fonction thyroïdienne

Un régime trop faible en calories diminue également le bon fonctionnement la thyroïde, ce qui diminue aussi le métabolisme. En effet, la glande thyroïde sécrète des hormones, notamment la thyroxine (T4) et la triiodothyronine (T3), qui stimulent le métabolisme. Or, un régime faible en calorie provoque une chute des hormones thyroïdiennes, engendrant par là même une baisse du métabolisme.

On sait que l’hypothyroïdie est un trouble qui touche fréquemment les femmes, et que celles qui sont touchées par ce trouble ont souvent plus de mal à perdre du poids. Et bien souvent on constate que ces femmes suivent ou ont suivi de nombreux régimes restrictifs pour maigrir. C’est donc un véritable cercle vicieux qui s’installe souvent. Le régime engendre une hypothyroïdie qui elle-même engendre une résistance accrue à la perte de poids.

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Les régimes : un échec inévitable

Reprise de poids et effet yoyo

Bien sûr, le régime s’accompagne aussi généralement d’une sensation de fatigue et de faiblesse. Des troubles physiques plus ou moins importants peuvent apparaître. Cet état de mal-être provoqué par une forte restriction alimentaire nous poussera ainsi tôt ou tard à remanger normalement. Le problème c’est que le métabolisme ayant été affaibli par le régime, la reprise de poids sera inévitable et souvent supérieure au poids perdu : le fameux effet yoyo.

En effet, si notre métabolisme est affaibli et que nous reprenons une alimentation normale, alors le corps doit faire face à un afflux de calories trop excessif par rapport à ses besoins, devenus bien plus faibles. Mais ce n’est pas tout. Le corps réagit aussi en faisant des réserves supplémentaires, en prévision d’un futur régime que vous lui imposeriez à nouveau.

C’est pour cette raison que l’on regrossit après un régime, parfois encore plus qu’avant. Et c’est lorsque la reprise de poids est supérieure au poids initial que l’on parle véritablement d’effet yoyo. Après le régime, les dépenses énergétiques sont restées très basses et le corps n’est plus capable de brûler les calories consommées comme avant. C’est pourquoi le retour à l’alimentation « d’avant régime » engendre une reprise de poids souvent plus importante que le poids de départ.

On constate aussi que ce dérèglement métabolique à la baisse peut persister des années après la fin du régime. Une étude s’est ainsi intéressée aux participants de l’émission américaine The Biggest Loser. Les chercheurs ont constaté que le phénomène d’adaptation métabolique persistait 6 ans après le régime.

La spirale métabolique des régimes

Tout pourrait bien finir si on arrêtait ici de faire des régimes restrictifs, en se rendant bien compte qu’ils ne sont pas efficaces. Mais la réalité est bien différente et de nombreuses personnes enchaînent ainsi les régimes depuis des mois, voire des années ! Elles repartent alors pour un autre régime, alimentant ainsi le cercle vicieux de l’effet yoyo, autrement appelée la spirale métabolique des régimes.

Lorsque nous observons le mécanisme des régimes, on peut constater que ceux-ci nous enferment de manière insidieuse dans une spirale sans fin… Ce schéma décrit parfaitement comment se produit le phénomène de l’effet yoyo et pourquoi nous avons 80 à 90% de chances de rependre le poids perdu après un régime amaigrissant.

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Résistance à l’amaigrissement

Ce schéma montre aussi comment les régimes nous entraîne dans un cercle vicieux de reprise de poids encore plus sévère à chaque fin de régime, renforçant ainsi notre résistance à l’amaigrissement. La résistance à l’amaigrissement signifie que plus nous faisons des régimes, plus nous avons du mal à perdre du poids à chaque nouveau régime. Vous pouvez facilement le remarquer en constatant qu’il est souvent plus difficile de perdre du poids lors des régimes suivants, même si vous suivez les mêmes règles alimentaires.

Ainsi, à chaque nouveau régime, notre métabolisme se dérègle, s’affaiblit, et devient de plus en plus inefficace. Il est donc normal qu’au fil des régimes, nous perdons de moins en moins de poids jusqu’au jour où nous n’arrivons plus du tout à maigrir car plus aucun régime ne fonctionne.

Vous l’aurez compris, diminuer fortement les calories pour maigrir est un véritable obstacle qui, au final, vous empêche de perdre du poids durablement. L’adaptation métabolique est un vrai problème pour toute personne qui souhaite réellement perdre du poids sur le long terme. Faire le yoyo après un régime est une des principales causes de découragement et de perte de motivation.

Avez-vous vécu le phénomène d’effet yoyo à la suite d’un ou plusieurs régimes restrictifs ? Avez-vous repris beaucoup de poids que vous avez toujours du mal à perdre ?


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